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| Guerre de Croatie | |
|---|---|
| Nom | Guerre de Croatie |
| Date | 1991–1995 |
| Lieu | Croatie, Bosnie-Herzégovine, mer Adriatique |
| Issue | Indépendance de la Croatie reconnue; opérations militaires et accords de paix |
| Belligérants | République de Croatie; Républiques serbes de Croatie; République serbe de Bosnie; Yougoslavie; Organisation des Nations unies forces de maintien de la paix; OTAN |
| Commandants | Franjo Tuđman; Slobodan Milošević; Radovan Karadžić; Veljko Kadijević; Ante Gotovina; Ratko Mladić |
| Pertes | Civils et militaires: dizaines de milliers de morts; centaines de milliers de déplacés |
Guerre de Croatie La Guerre de Croatie (1991–1995) fut un conflit armé complexe impliquant la République de Croatie, les autorités serbes de Croatie, la République serbe de Bosnie, et la République fédérative socialiste de Yougoslavie via la Yougoslavie et l'Armée populaire yougoslave. Le conflit croisa des enjeux de souveraineté, d'ethnicité, de déplacements de population et d'interventions internationales incluant l'Organisation des Nations unies, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, et l'OTAN. Il s'inscrit dans le cadre plus large des guerres de dissolution de la Yougoslavie qui comprenait également la Guerre de Bosnie-Herzégovine et la Guerre d'indépendance slovène.
Les racines remontent aux tensions entre la République socialiste de Croatie et la République socialiste de Serbie au sein de la République fédérative socialiste de Yougoslavie après la mort de Josip Broz Tito. L'effondrement du système yougoslave, la montée du nationalisme inspirée par des figures comme Franjo Tuđman et Slobodan Milošević, et la déclaration d'indépendance de la Croatie inspirée par les référendums de 1991 furent des facteurs déclencheurs. Les populations serbes de Croatie, concentrées dans des régions comme la Krajina, appuyées par l'Armée populaire yougoslave et des formations paramilitaires liées à des leaders tels que Dušan Bataković (analysé par historiographie) et commandants régionaux, refusèrent la sécession, entraînant des confrontations armées similaires à celles survenues en Bosnie-Herzégovine et en Kosovo.
Le conflit débuta par des affrontements en 1991 autour de villes comme Vukovar, Gospić, et Dubrovnik, et par des sièges et bombardements impliquant l'Armée populaire yougoslave et forces serbes locales. Les batailles majeures incluent le siège de Vukovar, l'opération Liket (opérations croates) et l'opération Oluja menée par la République de Croatie en 1995, qui reprit la Krajina; d'autres opérations significatives furent l'opération Bljesak et les combats le long de la côte Adriatique près de Dubrovnik. Les interventions de l'OTAN et les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies influencèrent les lignes de cessez-le-feu, tandis que les missions de l'UNPROFOR et les accords temporaires comme les accords de Sarajevo et de Erdut préparèrent des cadres pour la paix.
Les forces croates comprenaient la Garde nationale croate (précurseur de l'Armée croate), soutenue par des unités paramilitaires et des volontaires étrangers; elles utilisèrent des blindés, l'artillerie, l'armement antichar et des munitions héritées de stocks yougoslaves. Les forces serbes comprenaient l'Armée populaire yougoslave et les forces de la République serbe de Krajina, ainsi que des formations paramilitaires comme les unités associées à des chefs locaux; elles disposaient de chars T-55, d'artillerie lourde et d'aviation résiduelle. Les groupes serbes de Bosnie, sous des dirigeants tels que Radovan Karadžić et commandants comme Ratko Mladić, intervinrent dans certaines opérations transfrontalières. L'engagement international vit la participation de contingents de l'UNPROFOR, des forces européennes comme celles de la France, du Royaume-Uni, des États-Unis, et ultérieurement des frappes aériennes coordonnées par l'OTAN.
Le conflit fut marqué par des actes qualifiés de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), incluant des sièges, des nettoyages ethniques, des exécutions sommaires et des déportations. Des affaires célèbres jugées par le TPIY concernaient des accusés tels que Slobodan Milošević, Radovan Karadžić, Ratko Mladić, Ante Gotovina et d'autres, avec des condamnations et des acquittements. Les massacres à Vukovar, les expulsions de civils serbes après l'opération Oluja, et les attaques contre des populations civiles à Dubrovnik et ailleurs furent documentés par des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International. Les dossiers médicaux, enquêtes de la Commission européenne et rapports de l'OSCE firent état de poursuites pour crimes contre l'humanité et violations des Conventions de Genève.
La guerre aboutit à la reconnaissance internationale de la République de Croatie par des États membres de l'Union européenne et par les Nations unies, et à la disparition de la République serbe de Krajina après l'opération Oluja. Le conflit modifia les frontières de facto en Croatie et en Bosnie-Herzégovine, entraînant des accords territoriaux et des zones de protection établies par l'ONU et surveillées par l'UNPROFOR et plus tard par des missions de l'EUFOR. Les flux de réfugiés et de déplacés internes affectèrent des populations liées à la minorité serbe de Croatie, la minorité croate en Bosnie-Herzégovine, et d'autres groupes ethniques, tandis que des négociations bilatérales entre la Croatie et la Serbie évoluèrent via des canaux de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe.
Les accords partiels et processus inclurent les accords d'Erdut qui permirent le retour pacifique de certaines régions, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies encadrant le retrait des forces, et la mise en place de mécanismes de rapatriement et de restitution supervisés par l'Organisation internationale pour les migrations et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Le travail du TPIY, des commissions nationales de vérité, et des initiatives de l'Union européenne visait à établir responsabilité et réparation. Les accords économiques et accords bilatéraux entre Croatie et Serbie s'inscrivirent aussi dans les conditions d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.
La mémoire du conflit se manifeste dans des monuments à Vukovar, Dubrovnik, et d'autres lieux de mémoire, des musées locaux, et des commémorations officielles présidées par dirigeants comme Franjo Tuđman (historique) et successeurs. Le patrimoine culturel affecté inclut la restauration de sites classés par des institutions telles que l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et des débats publics en Croatie, Serbie, et Bosnie-Herzégovine sur la représentation historique. Des œuvres littéraires, films, et recherches universitaires menées par universités comme l'Université de Zagreb, l'Université de Belgrade, et l'Université de Sarajevo contribuent à la compréhension et à la réconciliation, tandis que les commémorations internationales organisées par ONG et organismes intergouvernementaux accompagnent les processus de mémoire et justice.
Category:Conflits post-yougoslaves