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| Conférence de Bretton Woods | |
|---|---|
| Name | Conférence de Bretton Woods |
| Native name | Conférence monétaire et financière des Nations Unies |
| Date | 1–22 juillet 1944 |
| Location | Mount Washington Hotel (Bretton Woods), Bretton Woods, New Hampshire, États-Unis |
| Participants | Délégués de 44 pays alliés |
| Outcome | Création du Fonds monétaire international, de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et du système de change basé sur le dollar des États-Unis |
Conférence de Bretton Woods La Conférence monétaire et financière des Nations Unies tenue à Bretton Woods en juillet 1944 réunit des représentants de 44 pays alliés pour concevoir un cadre institutionnel destiné à stabiliser les échanges internationaux après Seconde Guerre mondiale, à reconstruire les pays frappés par le conflit et à prévenir les crises financières comparables à la Grande Dépression. Les travaux, dominés par des personnalités clés, établirent des mécanismes monétaires et bancaires qui influencent les politiques de Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et des relations financières internationales jusqu'à la fin du XXe siècle. L'événement se situe dans la continuité des conférences de Casablanca, Téhéran et Yalta et précède des accords comme les Accords de Jamaïque.
La conférence survint alors que la Seconde Guerre mondiale battait son plein et que les Alliés — parmi eux États-Unis, Royaume-Uni, Union soviétique, France et Chine — préparaient l'après-guerre en s'appuyant sur les leçons de la Grande Dépression et de la crise de 1929. Les présidences de Franklin D. Roosevelt et de Winston Churchill ainsi que la diplomatie de figures telles que Cordell Hull et Vyacheslav Molotov façonnèrent le calendrier diplomatique aux côtés de conférences précédentes comme Conférence de Washington (1941) et Conférence de Québec (1943). Les doctrines économiques promues par Keynes, la pensée keynésienne, et les pratiques des institutions comme la Réserve fédérale des États-Unis influencèrent fortement les débats.
La délégation américaine fut conduite par le secrétaire au Trésor Henry Morgenthau Jr. et par des délégués techniques associés à la Réserve fédérale des États-Unis; la délégation britannique inclut des représentants de Trésor (Royaume-Uni) et de la délégation économique conduite par John Maynard Keynes (représenté par une équipe du Trésor britannique menée par Harold Wilson laissa une empreinte conceptuelle via Keynes). D'autres délégations comprenaient des représentants de Canada, Australie, Inde britannique, Union soviétique, Brésil, Mexique, Argentine, Afrique du Sud et de nombreuses nations européennes en exil comme Pologne et Pays-Bas. Des institutions telles que la Banque d'Angleterre et la Banque de France envoyèrent des experts; des juristes et économistes venus d'universités comme Cambridge (Université de Cambridge) et Harvard University figurèrent aussi parmi les conseillers.
Les objectifs formels incluaient la création d'un système de taux de change fixes arrimés au dollar des États-Unis, la mise en place d'un mécanisme de prêts pour résoudre les déséquilibres de balance des paiements et le financement de la reconstruction via une banque internationale. Les négociations opposèrent des positions telles que celles défendues par John Maynard Keynes qui proposa une banque centrale internationale avec une monnaie internationale appelée « bancor » et la délégation américaine, appuyée par Harry Dexter White, qui favorisa un rôle central pour le dollar des États-Unis et la création d'un Fonds monétaire international. Les discussions firent intervenir des représentants du Trésor des États-Unis, de la Banque d'Angleterre, de la Banque de France et de représentants de la Société des Nations en dissolution.
La conférence aboutit à la création du Fonds monétaire international et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement au sein du groupe de la Banque mondiale, ainsi qu'à un système de parités fixes, indexées sur le dollar des États-Unis convertible en or à 35 dollars l'once. Les accords formalisèrent des quotas nationaux pour le Fonds monétaire international et des modalités de prêt pour la Banque mondiale, ainsi que des règles de coopération monétaire internationales impliquant la Conférence générale des Nations Unies et des comités techniques. Des protocoles institutionnels détaillés s'inspirèrent des projets de John Maynard Keynes et des propositions de Harry Dexter White.
À court terme, la mise en place des nouveaux organes permit la coordination des politiques financières entre pays comme États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne (postérieurement), Japon et diverses républiques d'Amérique latine telles que Brésil et Mexique. Le système favorisa la reprise des échanges entre zones nucléaires d'activité industrielles comme les régions de Midwest (États-Unis), la réorientation des aides via le futur plan Marshall, et des programmes de reconstruction en Europe de l'Ouest et en Asie de l'Est. Les marchés des changes, les réserves officielles et la liquidité internationale évoluèrent rapidement, tandis que des institutions financières comme la Banque des règlements internationaux participèrent aux ajustements.
Le système de parités fixes subsista jusqu'à l'abandon de la convertibilité-or du dollar des États-Unis sous la présidence de Richard Nixon en 1971, ce qui mena à la transition vers des taux de change flottants discutés lors des accords du Smithsonian Institution et de la conférence de Jamaïque. Les institutions créées à Bretton Woods évoluèrent: le Fonds monétaire international se dota de nouveaux instruments, la Banque mondiale étendit ses mandats à travers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et la Société financière internationale, et des réunions comme le sommet du G7 et les forums du G20 reflètent la continuité des mécanismes de coopération initiés à Bretton Woods. Des personnalités comme Robert McNamara et John F. Kennedy interagirent ultérieurement avec ces institutions.
Les critiques historiographiques ciblent le déséquilibre créé en faveur du dollar des États-Unis, le rôle des États-Unis et du Royaume-Uni dans l'élaboration des règles, et l'exclusion relative de voix coloniales ou de représentants de mouvements non alignés comme ceux ultérieurement incarnés par Mouvement des non-alignés. Des controverses incluent des débats sur les contributions de Harry Dexter White et des allégations de sympathies idéologiques, des divergences entre les propositions de Keynes et la version adoptée, ainsi que des critiques issues de penseurs comme Milton Friedman, des mouvements tiers-mondistes et des économistes de Dependency theory. Les effets à long terme suscitent des débats parmi des institutions contemporaines comme le Conseil de sécurité des Nations unies et des réunions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur la gouvernance, la représentativité et l'efficacité des instruments économiques internationaux.
Category:Institutions financières internationales Category:Seconde Guerre mondiale Category:Histoire économique