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Yougoslavie de l'Axe

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Yougoslavie de l'Axe
NomYougoslavie de l'Axe
StatutÉtat fantoche
CapitaleBelgrade
LanguesSerbe, Croate, Slovène
Période1941–1945
PrédécesseurRoyaume de Yougoslavie
SuccesseurRépublique fédérative socialiste de Yougoslavie

Yougoslavie de l'Axe est l'appellation utilisée pour désigner l'entité territoriale et politique née de l'effondrement du Royaume de Yougoslavie en avril 1941, après l'invasion de l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et de leurs alliés balkaniques. Cet État fantoche résulte d'une partition militaire et administrative conduite par le Troisième Reich, la Royaume d'Italie (1861-1946), le Royaume de Hongrie (1920–1946), la Bulgarie et des régimes collaborateurs locaux. L'analyse de cette période croise les trajectoires du Régime de Vichy, de l'Ustaše, de la Collaboration en Europe, et des mouvements de libération comme les Partisans yougoslaves dirigés par Josip Broz Tito.

Contexte historique et politique

La crise politique qui précède la création de la Yougoslavie de l'Axe s'inscrit dans la trajectoire du Royaume de Yougoslavie après la Première Guerre mondiale et les tensions interethniques entre Serbes, Croates et Slovènes. L'alignement diplomatique de l'entre-deux-guerres, les accords comme le Pacte d'Acier et la stratégie militaire du Plan Barbarossa ont façonné les décisions de Berlin et de Rome. Les alliances balkaniques, incluant les négociations avec la Grèce et la Turquie, ainsi que l'influence de l'URSS et du gouvernement du Roi Pierre II en exil, ont contribué au contexte international. Les facteurs internes incluent l'instabilité du Royaume de Yougoslavie sous la dynastie des Karadordevic et les pressions de mouvements nationalistes tels que l'Ustaše et le Četnik de Draža Mihailović.

Invasion et division du territoire

L'invasion de la Yougoslavie en avril 1941 a été conduite par la Wehrmacht avec le soutien de l'Armée italienne, de la Royal Hungarian Army et de forces bulgares, s'inscrivant dans une campagne conjointe qui incluait des opérations en Grèce. Après la capitulation, le territoire fut morcelé : la création de l'État Indépendant de Croatie par l'Ustaše sous la protection italo-allemande, l'annexion de régions par la Hongrie et la Bulgarie, l'occupation directe par le Troisième Reich de zones stratégiques, et l'établissement de gouvernements collaborationnistes à Belgrade et à Sarajevo. La ligne de démarcation entre zones d'occupation fut influencée par des objectifs stratégiques comme le contrôle des côtes adriatiques et des corridors ferroviaires vers la Grèce.

Régimes collaborateurs et autorités d'occupation

Les autorités d'occupation comprenaient des administrations militaires allemandes, des préfets italiens, et des gouvernements locaux comme l'État Indépendant de Croatie et des conseils administratifs pro-allemands à Belgrade. Des figures politiques telles que Ante Pavelić, et des institutions comme l'Ustaše et des milices auxiliaires, collaboraient avec les forces de l'Axe. La Gendarmerie royale serbe transformée en force collaborationniste et les structures de police secrète participèrent aux politiques d'occupation. La répression s'appuyait sur des directives émanant du Oberkommando der Wehrmacht et du commandement de la Wehrmacht dans les Balkans, ainsi que sur des services tels que la Gestapo.

Résistance et mouvements partisans

La résistance prit des formes variées : les Partisans yougoslaves dirigés par Josip Broz Tito structurèrent une guérilla multiethnique affiliée au Front de libération nationale, tandis que les Četnik de Draža Mihailović menaient une résistance royaliste parfois en rivalité avec les partisans. D'autres groupes régionaux, comme les partisans slovènes liés au Front de libération nationale de Slovénie et des formations macédoniennes, s'inscrivirent dans la lutte contre l'Axe. Les opérations incluent des actions coordonnées avec la Special Operations Executive britannique, des parachutages du MI6 et des liaisons avec l'Armée rouge pendant la progression sur le front balkanique.

Répercussions humanitaires et crimes de guerre

La période est marquée par des crimes massifs : déportations, massacres ethniques et camps de concentration tels que Jasenovac dans l'État Indépendant de Croatie. Les politiques de l'Axe et des collaborateurs causèrent des victimes parmi les communautés juives, roms et serbes, ainsi que des civils croates et slovènes pris dans les représailles. Les tribunaux militaires comme ceux postérieurs à la guerre traitèrent des responsabilités, en lien avec les conventions internationales et les procès contre des dirigeants de l'Ustaše et des collaborateurs. Les violations des droits humains se situent dans le cadre plus large de l'Holocauste et des politiques d'extermination en Europe de l'Est.

Relations internationales et implications géopolitiques

La partition de la Yougoslavie eut des conséquences pour les relations entre l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, la Bulgarie, la Hongrie et les puissances alliées. Les rivalités entre Berlin et Rome sur l'Adriatique, les engagements britanniques en Méditerranée, et l'extension de l'influence soviétique après le tournant de 1943-1944 redéfinirent la carte diplomatique des Balkans. Les interactions avec le gouvernement yougoslave en exil et les accords postérieurs, incluant des conférences interalliées, préparèrent les bases de la reconstruction et de la reconnaissance internationale du mouvement partisan dirigé par Tito.

Héritage et mémoire historique

La mémoire de la Yougoslavie de l'Axe se déploie à travers des commémorations, des recherches historiques et des tensions mémorielles liées aux crimes de guerre et aux récits nationaux. Les débats historiographiques impliquent des institutions universitaires, des musées de la mémoire et des associations de victimes dans les anciennes républiques de l'ex-Yougoslavie. Les procès, les archives militaires et les travaux de chercheurs situent cette période dans l'histoire du XXe siècle et des conflits idéologiques entre mouvements communistes, monarchistes et nationalistes. La reconstruction post-1945, aboutissant à la création de la République fédérative socialiste de Yougoslavie dirigée par Josip Broz Tito, réorganisa les structures politiques et sociales héritées de cette occupation.

Category:Histoire de la Yougoslavie Category:Seconde Guerre mondiale