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| Statistique générale de la France | |
|---|---|
| Name | Statistique générale de la France |
| Native name | Statistique générale de la France |
| Formed | 19th century |
| Jurisdiction | France |
| Headquarters | Paris |
Statistique générale de la France est une institution historique française chargée de la collecte, du traitement et de la diffusion des données chiffrées relatives à la population, aux activités économiques et sociales. Elle a joué un rôle central dans la formation des administrations publiques et des savoirs statistiques en France, en interaction avec de nombreuses personnalités et institutions nationales et internationales. Ses travaux ont influencé des réformes administratives, des enquêtes démographiques et des usages statistiques dans les domaines de la santé, du travail et du commerce.
La création de la Statistique générale de la France s'inscrit dans le contexte de la Révolution française, des travaux de Adolphe Quetelet, des réformes administratives de la période napoléonienne et des efforts menés par des personnalités comme Antoine-Nicolas Condorcet, Jean-Baptiste Say et François Guizot. Au XIXe siècle, des figures telles que André-Michel Guerry, Pierre-Simon Laplace, Gaspard Monge et Alexis de Tocqueville ont contribué à la diffusion des méthodes statistiques et démographiques. Les institutions partenaires comprenaient la Préfecture de la Seine, le Conseil d'État (France), le ministère de l'Intérieur (France), et plus tard l'INSEE qui prendrait une place centrale au XXe siècle. Les conflits politiques comme la Révolution de 1848 et la Commune de Paris ont modifié les priorités des enquêtes, tandis que des événements internationaux tels que la Guerre franco-prussienne et la Première Guerre mondiale ont provoqué des adaptations organisationnelles et méthodologiques.
La structure administrative s'est articulée historiquement entre services centraux et bureaux locaux relevant des préfectures de département, des mairies de Paris, et des archives départementales. Les missions ont couvert la statistique démographique, la statistique industrielle, la statistique agricole et la statistique commerciale, en collaboration avec des acteurs comme le Hôtel de Ville de Paris, le Sénat (France), l'Assemblée nationale (France), le Ministère de l'Agriculture (France), le Ministère des Travaux publics (France), et des établissements d'enseignement tels que le Collège de France, l'École Polytechnique et l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Des personnalités administratives comme Jules Ferry et Gustave Flaubert (par ses correspondances sur les villes) ont indirectement influencé les commandes d'enquête. Sur le plan international, l'institution a collaboré avec l'Organisation internationale du Travail, l'Organisation des Nations unies, et le Bureau international du Travail pour des comparaisons transnationales.
Les méthodes ont évolué du recensement exhaustif inspiré par John Graunt et les méthodes probabilistes de Pierre-Simon Laplace vers des enquêtes par échantillonnage influencées par Jerzy Neyman et Ronald Fisher. Les sources comprenaient les registres d'état civil, les listes électorales, les déclarations fiscales liées à la Banque de France, les registres militaires comme ceux consultés pour la Grande Guerre, et les fichiers douaniers des ports tels que Le Havre et Marseille. Les collaborations scientifiques ont impliqué des laboratoires comme le CNRS, des instituts universitaires comme l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l'Université de Strasbourg, l'Université de Lyon et des observatoires régionaux. L'évolution technique a intégré des instruments de calcul inspirés par Charles Babbage et l'informatique naissante issue de travaux liés à Alan Turing et à des initiatives ministérielles d'après-1945.
Les publications historiques incluent des annuaires, des bulletins, des rapports de recensement et des monographies comparables aux travaux de André-Michel Guerry et Adolphe Quetelet. Les produits modernes se déclinent en bases de données, séries chronologiques, tableaux thématiques et études sectorielles mobilisées par des institutions comme l'INSEE, le Ministère des Finances (France), la Cour des comptes (France), la DREETS et l'Agence nationale de santé publique. Les supports diffusés ont été consultés par des chercheurs affiliés à des centres tels que l'INED, l'Institut Pasteur, le CNAM, le Centre Maurice Halbwachs et la Bibliothèque nationale de France. Les revues et périodiques concernés incluent des titres comme le Bulletin des lois (France), des actes publiés à la Société d'économie politique et des collections hébergées par le Muséum national d'Histoire naturelle.
Les données produites ont alimenté des lois et dispositifs administratifs discutés au Palais Bourbon, au Palais du Luxembourg, au Hôtel Matignon et à l'Élysée. Elles ont servi d'outils d'évaluation pour des réformes portées par des ministres tels que Jules Méline, Georges Clemenceau, François Mitterrand et Édouard Philippe. La recherche universitaire s'est appuyée sur ces séries pour des travaux de sociologues et d'économistes comme Pierre Bourdieu, Émile Durkheim, Thomas Piketty, Fernand Braudel et Jean Fourastié. Sur le plan européen et international, les comparaisons mobilisent des organismes comme Eurostat, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l'Organisation de coopération et de développement économiques.
Les critiques historiques ont porté sur la qualité des recensements, les biais de couverture dénoncés par des intellectuels et institutions comme Émile Zola, le Conseil constitutionnel (France), des syndicats comme CGT et des associations de défense des droits civiques. Des controverses méthodologiques ont fait intervenir des figures comme Karl Pearson et des débats sur les traitements des données sensibles mobilisant le Conseil national de l'ordre des médecins pour les statistiques de santé, la Commission nationale de l'informatique et des libertés pour la protection des données, et des juridictions comme le Conseil d'État (France) et la Cour de cassation. Les limites incluent des lacunes géographiques (zones rurales comme la Creuse), des insuffisances sectorielles (industries portuaires de Marseille vs industries de Lille), et des tensions entre exigences de transparence réclamées par des ONG internationales et impératifs de confidentialité défendus par des institutions étatiques.
Category:Statistique en France