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| Réunification allemande | |
|---|---|
| Nom | Réunification allemande |
| Date | 3 octobre 1990 |
| Lieu | Allemagne |
| Participants | République fédérale d'Allemagne, République démocratique allemande, Union soviétique, États-Unis, Royaume-Uni, France |
| Résultat | Unification territoriale et politique de l'Allemagne |
Réunification allemande fut le processus politique, économique et social qui conduisit à l'unification de la République fédérale d'Allemagne et de la République démocratique allemande le 3 octobre 1990, après la chute du mur de Berlin et la débâcle du Bloc de l'Est. Les négociations impliquèrent des acteurs internationaux majeurs comme la Union soviétique, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, et se déroulèrent dans le cadre du Traité sur les relations finales concernant l'Allemagne et des accords de Deux plus Quatre. Le processus transforma les institutions, les devises, les infrastructures et la démographie de l'Allemagne et redessina l'ordre européen post‑guerre froide.
La réunification s'enracina dans les événements de 1989, dont la contestation du régime de la République démocratique allemande par des mouvements comme les Lundi de Leipzig, les manifestations de Potsdam et les vagues d'émigration via les ambassades de Prague et de Budapest, et la politique de glasnost et perestroïka menée par Mikhail Gorbatchev. La chute du mur de Berlin relança des débats tenus depuis la Seconde Guerre mondiale sur la souveraineté allemande, les décisions issues des conférences de Yalta et Potsdam, et le statut de Berlin secteur après secteur impliquant les Forces armées soviétiques, la Bundeswehr et les garnisons alliées de RFA et RDA. Des partis politiques comme la Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, le Parti social-démocrate d'Allemagne et le Alliance 90 influencèrent la trajectoire constitutionnelle, tout comme des personnalités telles que Helmut Kohl, Hans-Dietrich Genscher et Willy Brandt.
Les négociations diplomatiques culminèrent dans les accords dits des Deux plus Quatre (1989–1990), auxquels participèrent les deux États allemands et les quatre puissances alliées: Union soviétique, États-Unis, Royaume-Uni et France. Le traité final, le Traité sur les relations finales concernant l'Allemagne signé à Moscou et Paris et ratifié par le Bundestag et le Volkskammer, définissait les frontières, le statut de Berlin et l'adhésion de l'ensemble du territoire à la Communauté économique européenne et à l'OTAN. Le chancelier Helmut Kohl proposa un «Plan en dix points» et conclut des accords de réunification interne avec des ministres comme Lothar de Maizière et Sabine Bergmann-Pohl; l'opposition incluant des figures telles que Gregor Gysi et des groupes comme Die Linke critiqua la voie choisie. Les négociations impliquèrent aussi des institutions comme la Bundesbank, la Commission européenne et l'OTAN.
La transformation économique passa par l'introduction rapide du Mark allemand dans l'ancienne RDA et la privatisation massive coordonnée par la Treuhandanstalt, dirigée initialement par Detlev Rohwedder puis par Ingeborg Milke et d'autres administrateurs. La conversion monétaire visait à aligner les salaires et les prix sur ceux de la RFA, provoquant des chocs structurels pour des entreprises héritées du modèle de planification centralisée et pour les industries de villes comme Leipzig, Dresde et Chemnitz. Des groupes industriels tels que Siemens, ThyssenKrupp, Volkswagen et BASF investirent dans la modernisation, tandis que des institutions financières comme la Deutsche Bank et la Commerzbank participèrent aux restructurations. Les réformes engendrèrent chômage industriel, migrations internes vers la RFA occidentale, et débats sur la réindustrialisation, la fiscalité fédérale, le fédéralisme fiscal et les transferts via le Fonds de solidarité. Les accords avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international encadrèrent partiellement l'ouverture aux marchés.
La réunification modifia profondément la démographie: exode des jeunes diplômés vers des villes occidentales comme Munich, Hambourg et Francfort-sur-le-Main, baisse de natalité, vieillissement et recomposition urbaine dans l'ex‑RDA. Les réformes sociales impliquèrent des systèmes de retraite, les caisses de sécurité sociale, les syndicats tels que la Deutscher Gewerkschaftsbund et les structures de santé héritées de l'ancienne RDA. La société fit face à des tensions entre anciens citoyens de la RDA et de la RFA, marquées par des enquêtes d'opinion menées par des instituts comme l'Institut Allensbach et l'IfD Allensbach, la montée de mouvements politiques locaux et des différences culturelles visibles à Berlin-Est et Berlin-Ouest. Des institutions culturelles telles que la Staatsbibliothek zu Berlin, l'Opéra de Berlin et des universités comme l'Université Humboldt de Berlin furent intégrées dans des réseaux nationaux et internationaux.
L'élargissement de l'Allemagne eut des répercussions majeures sur la NATO, la Politique européenne et les relations avec la Russie post‑soviétique dirigée par des figures comme Boris Eltsine. La réunification redessina les équilibres en Europe centrale et Europe de l'Est, affectant des pays comme la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et les pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie). Les implications stratégiques touchèrent les accords de réduction d'armes nucléaires comme le Traité INF et des négociations sur les forces conventionnelles, impliquant la NATO et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Les relations commerciales entre l'Allemagne et partenaires comme la Chine, les États-Unis et l'Union européenne évoluèrent, influençant la politique industrielle européenne et des institutions comme la Banque centrale européenne.
La mémoire de la réunification est marquée par des lieux commémoratifs tels que le mur de Berlin (morceaux exposés au Checkpoint Charlie et au Mémorial de la Bernauer Straße), par des musées comme le Musée du Mur de Berlin et par des commémorations officielles organisées par le Bundestag et le Bundespräsident. Des débats historiques opposent des historiens comme Günter Grass et Jürgen Kocka sur les bénéfices et les coûts, tandis que des controverses politiques portent sur la gestion de la Treuhandanstalt, les privatisations, les inégalités régionales et la montée de formations contestataires telles que des groupes néo‑nationalistes étudiés par l'Office fédéral de protection de la Constitution. Les commémorations incluent des expositions à la Neue Nationalgalerie, des colloques universitaires à l'Université Humboldt et des publications historiques dans des revues comme Die Zeit et Frankfurter Allgemeine Zeitung. La réception internationale reste diverse, avec des discussions en Russie, en Pologne et aux États-Unis sur les conséquences géopolitiques et mémorielles.
Category:Histoire contemporaine de l'Allemagne