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Grève générale de 1936

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Grève générale de 1936
NomGrève générale de 1936
Datejuin–juillet 1936
LieuFrance
RésultatAccords de Matignon; lois sociales

Grève générale de 1936 est une série de mouvements sociaux massifs qui ont marqué la France en juin et juillet 1936, aboutissant aux Accords de Matignon et à des réformes sociales majeures. Elle s'inscrit dans le contexte européen marqué par la crise de 1929, la montée des ligues, la popularité du Front populaire et les mobilisations ouvrières contemporaines en Espagne et en Italie. Les manifestations ont impliqué des syndicats, des partis politiques et des collectivités locales, entraînant une mutation durable des relations industrielles et des politiques sociales françaises.

Contexte historique et politique

La dynamique qui précède la Grève générale de 1936 relie la crise de 1929, la Grande Dépression européenne, la montée de la Parti communiste français et la reconfiguration de la gauche française autour du Front populaire (France). Les élections législatives de mai 1936 conduisent à la victoire d'une alliance incluant la Section française de l'Internationale ouvrière, le Parti radical et le PCF, influencée par les mobilisations internationales telles que la Révolution espagnole et les luttes syndicales en Royaume-Uni, Allemagne, Italie et États-Unis. Les débats au sein de l'Assemblée nationale portent sur la politique industrielle, la politique coloniale en Algérie et les tensions internationales liées aux Accords de Locarno et à la montée du nazisme.

Déclenchement et déroulement des grèves

Le déclenchement survient après la victoire électorale du Front populaire et se diffuse depuis des usines comme celles de Renault à Boulogne-Billancourt, des ateliers de la Compagnie générale transatlantique et des chantiers navals de Saint-Nazaire. Les premières occupations d'usine, les piquets et les manifestations à Paris, Lyon, Marseille, Nantes et Le Havre provoquent une onde de solidarité relayée par la Confédération générale du travail et la Confédération générale du travail unitaire. La tactique combine grève sauvage, meetings de rue près de la Place de la Concorde et initiatives locales des comités d'atelier inspirées par les précédents de la Révolution russe et des grèves systémiques en Belgique et Pologne. Les négociations s'intensifient avec l'intervention de personnalités politiques telles que Léon Blum, Jules Moch et Maurice Thorez, tandis que des accords patronaux sont discutés avec des dirigeants d'industrie comme Marcel Boussac et Édouard Daladier.

Acteurs et revendications

Les acteurs principaux incluent la Confédération générale du travail (CGT), la Confédération française des travailleurs chrétiens, la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), le Parti radical et le Parti communiste français. Parmi les figures ouvrières et politiques apparaissent Léon Jouhaux, Léon Blum, Maurice Thorez et Jean Jaurès (références historiques), ainsi que des dirigeants syndicaux locaux et des militants d'entreprise. Les revendications portent sur les congés payés, la réduction du temps de travail avec la semaine de 40 heures revendiquée, l'augmentation des salaires, la reconnaissance des délégués du personnel, la sécurité sociale et la protection des chômeurs, inspirées par les législations sociales antérieures comme celle de Bismarck et les expérimentations en Suède et en Norvège. Les travailleurs des secteurs de l'automobile, de la métallurgie, du textile et des chantiers navals coordonnent des demandes communes, tandis que des intellectuels et des artistes proches du cercle du Front populaire soutiennent les occupations culturelles et les initiatives d'éducation populaire.

Réactions gouvernementales et patronales

Le gouvernement présidé par Léon Blum adopte une posture de médiation qui conduit aux négociations des Accords de Matignon signés avec la fédération patronale, les syndicats et des représentants de l'État. Les industriels comme Marcel Boussac, les chambres de commerce et la Confédération générale du patronat français cherchent à contenir les concessions, tandis que des parlementaires conservateurs s'opposent aux mesures proposées. Les préfets et forces de l'ordre, dont la Garde républicaine et la Police nationale, interviennent ponctuellement pour maintenir l'ordre à Paris et dans d'autres centres urbains, face à des manifestations massives. La stratégie gouvernementale mêle compromis législatif, pressions sur les directions d'usine et usage limité de la répression, contrastant avec les réponses plus dures observées en Espagne ou en Italie fasciste.

Conséquences sociales et économiques

Les accords et lois issus de la période entraînent l'instauration de congés payés, la réduction du temps de travail et des avancées pour la représentation ouvrière, influençant les conventions collectives dans l'industrie automobile, la métallurgie, le textile et la construction navale. Les effets macroéconomiques sont discutés dans les cercles économiques liés à la Banque de France, aux syndicats patronaux et aux chambres de commerce de Paris et de Lyon : augmentation du pouvoir d'achat, reconfiguration des relations industrielles et impact sur la compétitivité des entreprises comme Renault et des groupes textiles. Socialement, l'amélioration des conditions de travail modifie les pratiques culturelles, stimule le tourisme de masse en direction de stations comme Deauville et Biarritz et renforce les associations d'éducation populaire influencées par des organismes tels que la Ligue des droits de l'homme et les mouvements mutualistes inspirés par la Sécurité sociale conceptuelle. Sur le plan international, les réformes françaises sont observées par des mouvements ouvriers en Belgique, Pays-Bas et Espagne.

Héritage et mémoire politique

La mémoire de l'événement est entretenue par des historiens, des archives syndicales et des commémorations locales à Boulogne-Billancourt, Le Havre et Saint-Nazaire. Des travaux universitaires comparatifs mettent en relation la période avec des études sur la Révolution industrielle, la montée des partis de masse et la législation sociale en Europe de l'Ouest. Le rôle de personnalités comme Léon Blum et Maurice Thorez alimente débats publics et commémorations dans les milieux syndicaux et parlementaires, tandis que des panneaux, plaques et musées locaux retracent des occupations d'usine et des manifestations. L'influence durable se manifeste dans la jurisprudence sociale, les conventions collectives et les structures des syndicats français, affectant la trajectoire politique des partis de gauche et nourrissant des controverses qui perdurent jusque dans les débats contemporains autour des réformes sociales et des politiques publiques.

Category:Histoire sociale de la France Category:1936 en France Category:Mouvements sociaux