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| Communauté européenne de défense | |
|---|---|
| Name | Communauté européenne de défense |
| Formed | 1950s |
| Dissolved | 1954 (failed ratification) |
| Jurisdiction | Western Europe |
| Headquarters | Paris |
| Precursor | North Atlantic Treaty Organization |
| Superseding | European Economic Community |
Communauté européenne de défense La Communauté européenne de défense était un projet de coopération militaire intégrée lancé au début des années 1950 visant à créer une force armée paneuropéenne et à intégrer les capacités de défense de plusieurs États européens. L'initiative s'inscrivait dans le contexte des tensions de la Guerre froide, des débats sur la réarmement de Allemagne de l'Ouest, et des efforts d'intégration de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et de la Communauté européenne de l'énergie atomique. Les négociations, le traité et le rejet parlementaire ont profondément marqué la trajectoire des organisations européennes comme la Communauté économique européenne et les relations transatlantiques avec les États-Unis.
La proposition de créer une force européenne intégrée a émergé après la Seconde Guerre mondiale dans un environnement marqué par la montée du bloc de l'Est, les crises de la Guerre de Corée et la nécessité de gérer la question du réarmement allemand. Les initiatives antérieures et contemporaines incluent des acteurs tels que Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, et la délégation française conduite par René Pleven; elles ont croisé les préoccupations de la NATO et des gouvernements de Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Belgique, et Luxembourg. Les débats ont aussi été influencés par des événements tels que la crise de Berlin et les accords de sécurité entre Washington et Paris.
Le traité établissant la Communauté européenne de défense a été signé au terme des négociations entre gouvernements européens et porte le nom du plan présenté par René Pleven en 1950. Le projet combinait des dispositions sur le commandement, le recrutement et le financement, et s'inscrivait en parallèle aux traités de la CECA et du traité de Paris (1951). Le texte négocié impliquait des représentants de France, RFA (Allemagne fédérale), Italie, Pays-Bas, Belgique et Luxembourg et a été soumis à ratification par les parlements nationaux après signature par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense.
Le traité prévoyait des institutions supranationales et des organes opérationnels inspirés des structures de la CECA et des arrangements de la NATO. Les composantes incluaient un conseil politique composé de ministres des Affaires étrangères et de la Défense, une assemblée parlementaire réunissant des délégués nationaux et un commandement militaire intégré dirigé par officiers choisis parmi les armées nationales, y compris des candidats d’Allemagne de l'Ouest. Les forces prévues devaient couvrir infanterie, artillerie, aviation et logistique avec coordination des budgets, des standards d'équipement et des bases industrielles impliquant industriels comme Thyssen, Fairey, et la gestion des arsenaux hérités de la Seconde Guerre mondiale.
Le projet a suscité une opposition multidimensionnelle portée par partis politiques, syndicats, mouvements gaullistes, communistes et secteurs de la droite et de la gauche. En France, figures comme Charles de Gaulle et groupes parlementaires conservateurs ont critiqué la perte de souveraineté et la dépendance vis-à-vis d'alliés comme États-Unis et la NATO, tandis que la SFIO et la PCF ont contesté l’amalgame militaro-politique. Au Royaume-Uni, le gouvernement de Winston Churchill et les Cabinets successifs ont préféré des arrangements intergouvernementaux et renforcé les liens bilatéraux avec Washington. Des débats parlementaires ont opposé défenseurs comme Robert Schuman et Antoine Pinay aux critiques qui citaient des exemples historiques tels que le traité de Traité de Versailles et la démilitarisation manquée de l'Allemagne.
La ratification du traité a été entravée principalement par le vote de l'Assemblée nationale française en août 1954 qui a rejeté le texte, mettant fin à la mise en œuvre de la Communauté. Le scrutin a été influencé par débats menés dans les médias, par interventions d'acteurs comme René Mayer, Edgar Faure, et par la pression des mouvements gaullistes et des communistes; le rejet a abouti à des négociations alternatives entre France et Allemagne sous la médiation d'acteurs tels que Per Jacobsson et responsables de la NATO.
L'échec du projet a conduit à des réajustements majeurs des initiatives d'intégration européenne et à l'abandon d'une défense supranationale au profit d'arrangements intergouvernementaux et de l'approfondissement économique. Les conséquences incluent la création accélérée de projets comme la Communauté économique européenne et la mise en place de mécanismes de coopération militaire au sein de la NATO et des accords bilatéraux franco-allemands tels que le Traité de l'Élysée (ultérieur). Le legs institutionnel se retrouve dans les débats sur la politique de défense commune, évoqués par des figures comme Helmut Kohl, François Mitterrand, Jacques Delors et dans les traités ultérieurs de l'Union européenne.
Parmi les documents et réunions déterminantes figurent le plan Pleven (1950), les protocoles signés à Paris lors des négociations, les comptes rendus des conférences ministérielles impliquant Paul-Henri Spaak, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi, et les rapports parlementaires rendus par commissions françaises et allemandes. Les échanges diplomatiques impliquant ambassadeurs à Washington, à Londres et à Moscou ainsi que les communications entre cabinets ministériels et industriels de l'armement constituent les archives essentielles du dossier.
Category:Traités européens