Generated by GPT-5-mini| Relations des Jésuites | |
|---|---|
| Name | Relations des Jésuites |
| Original title | Relations des Jésuites |
| Author | Jesuit missionaries |
| Country | France; New France; Spanish Empire; Portuguese Empire |
| Language | French; Latin; Spanish; Portuguese |
| Subject | Reports of Jesuit missions |
| Genre | Missionary reports; ethnography; colonial history |
| Publisher | Jesuit order; various provincial houses |
| Pub date | 17th–18th centuries |
Relations des Jésuites are a corpus de rapports et de lettres produits par des missionnaires de la Compagnie de Jésus au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, réunissant des récits de voyages, des études ethnographiques et des comptes rendus administratifs adressés aux supérieurs jésuites, aux monarques et aux institutions ecclésiastiques. Ces cahiers concernent des zones variées comme la Nouvelle-France, la Nouvelle-Espagne, le Japon, la Chine et le Paraguay et jouent un rôle central pour la connaissance européenne des peuples autochtones, des provinces coloniales et des ordres religieux. Ils furent lus par des figures telles que Louis XIV, Philippe II d'Espagne, Ferdinand VI d'Espagne et des intellectuels comme René Descartes, Blaise Pascal et Voltaire.
Les origines éditoriales des Relations se situent dans la pratique de correspondance institutionnelle propre à la Compagnie de Jésus, avec des émissaires envoyés depuis des maisons provinciales comme la province de France (Ancien Régime), la province de Castille et la province de Portugal vers la curie romaine, la cour de Rome et les chancelleries royales. La publication imprimée a été favorisée par des imprimeries liées à des centres missionnaires comme Québec (ville), Lima, Manille et Nagasaki et par des librairies parisiennes fréquentées par des membres de l’Académie française et des salons littéraires fréquentés par des personnalités telles que Madame de Sévigné et Jean Racine. Les Relations répondent à des enjeux politiques impliquant des traités comme le Traité de Tordesillas et des conflits tels que la Guerre de Succession d'Espagne et la Guerre de Sept Ans qui affectèrent la circulation des textes entre les cours de Paris, Madrid et Lisbonne.
Chaque cahier rassemble des lettres, des récits de conversion, des catalogues de langues autochtones et des descriptions topographiques, souvent divisés en rubriques correspondant aux provinces missionnaires comme la Nouvelle-France, la Patagonie, le Pérou colonial, le Japon de l'époque d'Edo et la Chine des Ming et Qing. On y trouve des notices sur des peuples précis, par exemple les Hurons, les Iroquois, les Guaraníes et les Ainu, ainsi que des chroniques d’événements tels que le Siège de Québec (1690), la Révolte des Guaranis et le système des encomiendas. Les cahiers intègrent des éléments linguistiques — vocabulaires, grammaires élémentaires — et des schémas cartographiques préparés pour des institutions comme la Compagnie des Indes orientales et des autorités telles que le vice-roi du Pérou.
Les textes ont été rédigés par des missionnaires célèbres et moins connus : des jésuites comme Jean de Brébeuf, Paul Le Jeune, Claude Dablon, Antonio Ruiz de Montoya, Matteo Ricci et Jan Mikołaj Smogulecki, mais aussi par des correspondants civils — gouverneurs coloniaux, notables et marchands — tels que Samuel de Champlain, Alvar Núñez Cabeza de Vaca, Pedro de Cieza de León et Hernán Cortés (dans le cadre de corpus comparatifs). Les supérieurs provinciaux de la Province de Paris et de la Province d'Aragon ont joué un rôle d’éditeur et de censeur, en lien avec des autorités ecclésiastiques comme le Pape Innocent X et le Pape Clément XI et des conseillers royaux comme Cardinal Richelieu et Cardinal Mazarin.
Les Relations ont influencé des acteurs variés : administrateurs coloniaux tels que le Comte de Frontenac et le vice-roi de Nouvelle-Espagne, explorateurs comme Jacques Cartier et Samuel de Champlain, ainsi que des savants de la Société royale de Londres et de l’Académie des sciences (France). Ils furent utilisés pour justifier des politiques coloniales, informer des traités diplomatiques tels que les négociations autour de Louisiane et susciter des controverses dans les débats de la Querelle des indulgences et des controverses jansénistes impliquant Bénédictines et Oratoriens. Les écrits alimentèrent aussi des œuvres littéraires et scientifiques de Montesquieu, Diderot, Esprit tchéque et des voyageurs comme Alexander von Humboldt.
Les historiens modernes — notamment des spécialistes comme Fernand Braudel, Jürgen Habermas, Jacques Le Goff et Natalie Zemon Davis — utilisent les Relations comme sources primaires pour l’étude des échanges culturels, des pratiques missionnaires et des politiques impériales. Les analyses récentes mobilisent des méthodes d’anthropologie historique, d’histoire comparée et de linguistique historique pour étudier des figures telles que Atahualpa, Túpac Amaru II, Chief Pontiac et Tecumseh et des institutions comme la Casa de Contratación. Les débats portent sur l’objectivité des auteurs, la présence d’agendas prosélytes et la véracité de descriptions d’événements tels que les campagnes de réduction des Guaraníes et les chroniques des épidémies liées aux contacts transocéaniques.
Les collections sont conservées dans des dépôts majeurs : la Bibliothèque nationale de France, les archives du Vatican, la Bibliothèque du Congrès (États-Unis), l’Archivo General de Indias et la bibliothèque du Muséum national d'histoire naturelle (France). Des éditions critiques modernes sont publiées par des institutions universitaires comme l’Université Laval, l’Universidad Nacional Mayor de San Marcos et des presses telles que la Cambridge University Press et l’Oxford University Press. Les exemplaires anciens se retrouvent dans des fonds privés — collections de familles aristocratiques comme les Bourbons et les Habsbourg — et font l’objet de catalogage dans des projets numériques pilotés par des centres tels que le Centre national de la recherche scientifique.
Category:Compagnie de Jésus Category:Histoire coloniale