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Gouvernement Duplessis

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Gouvernement Duplessis
NomGouvernement Duplessis
Période1936–1939, 1944–1959
ChefMaurice Duplessis
PartiUnion nationale
SiègeQuébec

Gouvernement Duplessis — administration menée par Maurice Duplessis qui dirigea le Québec sous la bannière de l'Union nationale pendant les mandats 1936–1939 et 1944–1959. Son époque coïncide avec des événements comme la Grande Dépression, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide, et se distingue par des politiques conservatrices et nationalistes qui influencèrent des institutions telles que l'Église catholique, les compagnies forestières, et les commissions provinciales.

Contexte historique et politique

Le mandat s'inscrit dans le paysage politique du Canada où se croisent les trajectoires du Parti libéral du Québec, du Parti conservateur du Canada, et du mouvement syndical incarné par la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec. La période voit des conflits entre le nationalisme de figures comme Honoré Mercier et les réalités économiques dictées par des acteurs tels que Alphonse Desjardins, Jules-Alexandre Ducharme et des entreprises comme Bell Canada et Canadian Pacific Railway. Les débats autour de la laïcité mobilisent l'Église catholique romaine, l'Université Laval et le clergé dont des évêques comme Paul-Eugène Roy influencent les orientations sociales. Les tensions fédérales impliquent le gouvernement de William Lyon Mackenzie King et, plus tard, de John Diefenbaker, tandis que sur la scène internationale se font sentir les répercussions des traités comme le Traité de Versailles et des idéologies anticommunistes liées au McCarthyisme. Les intellectuels tels que Henri Bourassa, A. E. Godbout, Camille Laurin et des journalistes de La Presse et Le Devoir façonnent l'opinion publique.

Formation et composition du gouvernement

L'Union nationale dirige sous la houlette de Maurice Duplessis, entouré de ministres issus d'assemblées législatives locales représentant des comtés où s'affrontent réseaux ruraux et urbains. La formation inclut des figures comme Antonio Barrette, Gérard Soucy, Albiny Paquette et Maurice-Messier, et entretient des relations institutionnelles avec l'Assemblée législative du Québec et le Conseil législatif du Québec. Les postes clés intègrent des cadres administratifs liés aux conseils scolaires de Montréal, aux municipalités comme Trois-Rivières et Sherbrooke, ainsi qu'à des organismes gouvernementaux tels que la Société générale de financement et la Commission des chemins de fer. Les liens avec des propriétaires terriens, des compagnies comme Nekoosa-Edwards Paper Company et des réseaux patronaux favorisent une administration centralisée autour du chef du cabinet et du secrétaire provincial.

Politiques publiques et réformes majeures

Le gouvernement met en œuvre des législations portant sur la gestion des ressources naturelles impliquant des sociétés comme Alcan et Domtar, et des mesures fiscales réorganisant l'administration provinciale face au Dominion canadien. Les initiatives englobent des programmes de voirie, des ententes hydrauliques avec des municipalités et des projets hydroélectriques impliquant la Montreal Light, Heat and Power Company et l'implantation d'infrastructures ferroviaires liées à Canadian National Railway. Les réformes touchent aussi aux commissions scolaires catholiques et protestantes, au rôle des collèges classiques comme le Collège Sainte-Marie, et à la réglementation des syndicats en interaction avec la Confédération des syndicats nationaux et la Congress of Industrial Organizations. Les mesures législatives s'étendent aux lois de police et d'ordre public mobilisées contre des grèves mettant en jeu des syndicats locaux et des industries comme l'exploitation minière de Noranda.

Relations fédérales et internationales

Sur le plan fédéral, les rapports avec Ottawa passent par des négociations avec des gouvernements de William Lyon Mackenzie King, puis de Lester B. Pearson et John Diefenbaker, concernant le partage des ressources, les subsides et la fiscalité. À l'international, la politique provinciale s'articule avec des entreprises multinationales telles que Ford Motor Company, General Electric et Imperial Oil, et elle recoit l'influence de doctrines économiques américaines et britanniques. Les dossiers impliquent aussi des acteurs diplomatiques comme le gouvernement britannique et des institutions financières comme la Banque du Canada et la Banque Royale du Canada.

Opposition, critiques et controverses

L'opposition réunit des partis comme le Parti libéral du Québec et des syndicats affiliés à la Canadian Labour Congress, et met en avant des critiques portées par des journalistes de La Presse, Le Devoir et des intellectuels comme Pierre Elliot Trudeau et Jean Drapeau. Des controverses majeures concernent l'utilisation de la loi et de la police provinciale contre des grévistes, des accusations de clientélisme, et des pratiques perçues comme la mainmise sur des contrats publics impliquant des entreprises de construction et des cabinets d'avocats. Les critiques se cristallisent autour d'affaires locales et judiciaires impliquant des tribunaux provinciaux, des procureurs généraux et des enquêtes parlementaires.

Impact social et économique

L'ère se traduit par une industrialisation axée sur l'exploitation des ressources naturelles dans des régions telles que la Gaspésie, l'Abitibi-Témiscamingue et la vallée du Saint-Laurent, avec des exploitants comme Quebec Cartier Mining et des scieries desservant des villes comme Saguenay et Baie-Comeau. Les politiques ont influé sur la structure démographique des municipalités, la mobilité des travailleurs, et la croissance des secteurs manufacturier et forestier dans des agglomérations telles que Sherbrooke, Drummondville et Rouyn-Noranda. Les conséquences sociales touchent les établissements hospitaliers, les écoles religieuses, et des organismes de bienfaisance comme la Soeurs de la Charité, tandis que des mouvements ouvriers et des coopératives rurales questionnent les rapports de pouvoir avec des entités patronales.

Héritage et évaluation historique

L'héritage se lit à travers le débat historiographique opposant des chercheurs comme Michel Brunet, Yves Roby et Normand S. Chamberland, et des institutions universitaires telles que l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec à Montréal. Les analyses comparent les pratiques du régime à des modèles contemporains de modernisation étatique discutés lors de colloques à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et dans des revues comme Cahiers canadiens et Revue d'histoire de l'Amérique française. Les mémoires politiques donnent lieu à des biographies, des documentaires et des expositions dans des musées comme le Musée de la civilisation et stimulent des débats publics concernant la place de l'État provincial dans la société québécoise.

Category:Politique au Québec Category:Histoire du Québec