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| Fédération nationale des maisons de redressement | |
|---|---|
| Name | Fédération nationale des maisons de redressement |
| Native name | Fédération nationale des maisons de redressement |
| Formation | circa 19XX |
| Dissolution | circa 19XX |
| Type | Association professionnelle |
| Headquarters | Paris |
| Region served | France |
| Language | French |
Fédération nationale des maisons de redressement La Fédération nationale des maisons de redressement était une organisation française de coordination et de représentation des établissements de redressement pour mineurs et jeunes délinquants, intervenant dans le cadre de réformes sociales et judiciaires républicaines. Elle rassemblait des directeurs, des philanthropes et des juristes afin de standardiser les pratiques entre institutions comme l'Assistance publique, la Société de protection de l'enfance et la Ligue des droits de l'homme. La fédération a dialogué avec des acteurs tels que le ministère de l'Intérieur, le Conseil d'État et la Croix-Rouge française.
La genèse de la fédération s'inscrit dans la période post-Commune et les débats du Second Empire, mêlant figures issues de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Parlement, ainsi que des réformateurs tels que Jean Macé, Émile Zola et Victor Hugo, préoccupés par la condition des enfants. Les premières initiatives ont croisé les travaux de la Commission du Bonheur public, de la Commission des mœurs et de la Commission des prisons, en écho aux discours tenus à l'Assemblée constituante et au Conseil municipal de Paris. La fondation officielle fit suite à des congrès tenus avec la participation de délégations de l'Assistance publique, de la Société de secours aux enfants, de la Fédération des œuvres de jeunesse et d'instances communales comme la Mairie de Paris. Des personnalités comme Jules Ferry, Adolphe Thiers et Léon Gambetta intervinrent indirectement dans les cadres législatifs qui permirent la structuration de la fédération.
La structure fédérale reproduisait des modèles associatifs semblables à la Ligue de l'enseignement, à la Société des gens de lettres et à l'Union des sociétés françaises, avec un conseil d'administration, des commissions techniques et des congrès annuels. Ses objectifs comprenaient l'harmonisation des règlements intérieurs inspirés par le Code Napoléon révisé, l'élaboration de protocoles en relation avec le Tribunal pour enfants, et la formation du personnel en collaboration avec des universités comme la Sorbonne et l'École des hautes études sociales. La fédération cherchait aussi à influencer le Conseil supérieur de la magistrature, le ministère de la Justice et la Chambre des députés pour obtenir des subventions et des agréments, en dialogue constant avec des organisations comme le Secours catholique, la Fédération protestante de France et la Conférence Saint-Vincent-de-Paul.
Parmi ses activités figuraient la mise en place de cursus pédagogiques inspirés de travaux menés à l'École normale supérieure, la publication de bulletins, l'organisation de colloques avec la Société d'économie sociale, et la promotion de stages pratiques dans des maisons gérées par la Croix-Rouge française, la Mutualité, ou des congrégations comme les Frères des écoles chrétiennes. Elle a initié des programmes de réinsertion professionnelle en partenariat avec des chambres de commerce, des manufactures textiles, des ateliers d'apprentissage dépendant de la Chambre syndicale et des Compagnons du Devoir. La fédération a également coordonné des enquêtes sociales en collaboration avec l'Institut national d'études démographiques, l'Observatoire social européen et des juristes issus du Conseil constitutionnel.
Les membres comprenaient des directeurs d'établissements se référant à des maisons historiques situées à Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg et Nantes, ainsi qu'à des institutions de l'Oeuvre des colonies pénitentiaires, des Maisons de correction locales et des établissements gérés par la Fondation abbé Pierre. Des sociétés savantes et associations locales comme la Société française de psychologie, la Société française d'hygiène publique et la Fédération des sociétés de patronage étaient affiliées. Des établissements hospitaliers universitaires, des centres d'accueil gérés par des congrégations religieuses et des foyers d'accueil cités par la Chambre des notables figuraient parmi les affiliés.
La fédération eut un impact notable sur l'évolution des réglementations en matière de prise en charge des mineurs, influençant des textes débattus à la Chambre des députés et examinés par le Conseil d'État, tout en dialoguant avec des organes comme la Commission des lois et le ministère de la Justice. Elle fit l'objet de controverses liées à des enquêtes menées par des journalistes du Figaro, du Petit Journal et de La Croix, comparaisons faites avec des prises de position de l'Action française et des critiques formulées par la Ligue des droits de l'homme. Des dénonciations concernant les conditions de détention, des recours portés devant le Tribunal de grande instance et des interventions du Défenseur des droits alimentèrent des débats publics impliquant des personnalités comme Anatole France ou Jean Jaurès. Les controverses portèrent aussi sur des divergences entre approches laïques et confessionnelles, opposant la Fédération protestante de France, l'Église catholique et des mouvements socialistes.
La dissolution de la fédération s'inscrivit dans un contexte de réorganisation institutionnelle accompagné de mesures prises par le ministère de l'Intérieur, le Conseil constitutionnel et le Parlement, avec des transferts de compétences vers des autorités départementales telles que les conseils généraux et des organismes comme l'Agence nationale pour la cohésion sociale. Son héritage se retrouve dans les pratiques actuelles de protection de l'enfance, dans des textes promulgués au milieu du XXe siècle, et dans des organismes contemporains tels que la Protection judiciaire de la jeunesse, la Haute Autorité de santé et l'Agence nationale de l'évaluation sociale. Des archives conservées aux Archives nationales, à la Bibliothèque nationale de France et à des centres d'histoire sociale documentent son action, étudiée par des historiens affiliés à l'École des hautes études en sciences sociales et à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Category:Organisations françaises disparues