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| Conférence de Potsdam (1945) | |
|---|---|
| Nom | Conférence de Potsdam |
| Date | 17 juillet – 2 août 1945 |
| Lieu | Potsdam, Brandenbourg, Allemagne |
| Participants | Harry S. Truman, Winston Churchill, Clement Attlee, Joseph Staline |
| Thèmes | Frontières, occupation, dénazification, réparations, territoires |
Conférence de Potsdam (1945) La Conférence de Potsdam (17 juillet–2 août 1945) réunit les dirigeants des Alliés vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale pour décider du sort de l'Allemagne, de l'Europe centrale et des zones d'influence dans l'après-guerre. Elle succède aux conférences de Téhéran, Yalta et fait intervenir des personnalités issues de la Maison-Blanche, du 10 Downing Street et du Kremlin pour trancher des questions territoriales, administratives et géopolitiques.
La tenue à Potsdam suit la capitulation de l'Allemagne nazie et la signature des actes de reddition, dans un contexte marqué par la mort de Franklin D. Roosevelt et l'arrivée de Harry S. Truman à la Présidence des États-Unis, ainsi que par le remplacement de Winston Churchill par Clement Attlee après l'élection générale britannique. Les préparatifs impliquent les cabinets de Staline, de Truman et d'Attlee, ainsi que les états-majors du Général Dwight D. Eisenhower, du Maréchal Georgy Zhukov et des services de renseignement comme la OSS et le NKVD. Les accords préliminaires prennent en compte les résolutions de Yalta et les difficultés posées par la progression du Front de l'Est, la libération de Varsovie et les avancées de la Red Army en Europe de l'Est.
La délégation principale regroupe Harry S. Truman pour les États-Unis, Joseph Staline pour l'Union soviétique et Winston Churchill puis Clement Attlee pour le Royaume-Uni. Parmi les ministres et chefs de délégation figurent James F. Byrnes, Vyacheslav Molotov, Anthony Eden, Ernest Bevin et des militaires comme Dwight D. Eisenhower, Bernard Montgomery, Georgy Zhukov et Konstantin Rokossovsky. Les délégations comprennent également des représentants des ministères des Affaires étrangères et des administrations d'occupation tels que John J. McCloy, Walter Bedell Smith et Walter Ulbricht.
Les séances se tiennent au Cecilienhof et alternent entre sessions plénières et réunions politiques bilatérales. Les protagonistes s'accordent sur le principe des zones d'occupation pour l'Allemagne, sur le démantèlement partiel d'industries stratégiques et sur la mise en œuvre de la dénazification. D'autres décisions portent sur les réparations, la tenue de procès pour crimes de guerre comme ceux qui seront organisés à Nuremberg, et la surveillance des armes lourdes. Les communications entre Truman et Staline incluent des discussions sur le développement de la bombe atomique et des rapports sur le projet Manhattan Project, tandis que des questions liées à la reconnaissance des gouvernements de pays libérés comme la Pologne sont abordées.
Les participants ratifient des modifications territoriales, notamment le déplacement des frontières de la Pologne vers l'ouest et le transfert de territoires tels que la Prusse orientale, la Silésie et la Poméranie sous administration polonaise et soviétique. La conférence entérine des principes conduisant aux expulsions massives de populations allemandes vers la RFA et la RDA, entraînant des flux démographiques depuis des villes comme Breslau et Danzig. Ces décisions sont liées aux accords signés antérieurement à Yalta et influencent les traités ultérieurs impliquant la Société des Nations héritière, les commissions interalliées et les autorités provinciales de Saxe et Bavière.
Potsdam confirme la division de l'Allemagne en zones d'occupation par les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Union soviétique et la France, et institue un Conseil de contrôle quadripartite pour coordonner la politique d'occupation. Les décisions adoptées portent sur la dénazification, la démilitarisation, la réforme du système judiciaire et la réorganisation des administrations locales dans des Länder comme Bade, Wurtemberg et Thuringe. La question des réparations est confiée en grande partie à l'Union soviétique qui prélève des équipements industriels et des ressources dans sa zone, tout en s'opposant parfois aux représentants de James F. Byrnes et d'Ernest Bevin sur la mise en œuvre.
Les tensions lors des négociations préfigurent l'affrontement Est-Ouest entre l'OTAN future et les structures du bloc soviétique comme le Kominform. La répartition des sphères d'influence en Europe de l'Est consolide des régimes alignés sur le Kremlin dans des pays comme la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, tandis que des États occidentaux comme la France et le Royaume-Uni cherchent à préserver des intérêts en Allemagne et en Méditerranée. Les décisions de Potsdam influencent la doctrine américaine incarnée par la Doctrine Truman et la politique d'endiguement qui s'exprime ensuite via le Plan Marshall, et elles affectent les relations avec la République populaire de Chine en formation et les discussions sur la guerre en Asie.
La Conférence de Potsdam marque la fin de la coopération interalliée de guerre et le début de la Guerre froide, avec un partage concret de l'Allemagne et des conséquences humaines massives liées aux déplacements de population. Elle prépare le terrain pour des événements ultérieurs tels que la création de la RFA et de la RDA, la mise en œuvre des procès de Nuremberg, l'adoption du Traité de Paris pour certains territoires et la consolidation des blocs politiques en Europe. Historiens comme Anne Applebaum et Niall Ferguson débattent encore de l'efficacité des décisions prises, tandis que témoins et archives des administrations de Truman, Staline et Attlee fournissent matière aux recherches sur l'après-guerre et la mémoire collective européenne.
Category:Conférences de la Seconde Guerre mondiale Category:1945 en politique internationale