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| Artillerie de montagne | |
|---|---|
| Unit name | Artillerie de montagne |
| Native name | Artillerie de montagne |
| Country | France |
| Branch | Armée de terre |
| Type | Artillerie spécialisée |
| Role | Appui-feu en terrain montagneux |
| Garrison | Varies |
Artillerie de montagne est une spécialité d'artillerie conçue pour le combat en terrain montagneux et accidenté. Elle combine techniques de mobilité, adaptation du matériel et tactiques de tir pour opérer dans des zones telles que les Alpes, les Pyrénées et les massifs d'outre-mer, en soutien aux unités d'infanterie et aux forces d'intervention. Ses pratiques résultent d'une synthèse d'expériences issues de conflits européens, d'expéditions coloniales et d'opérations contemporaines.
La formation et l'évolution de cette spécialité s'inscrit dans le cadre des conflits du XIXe au XXe siècle impliquant la France, le Royaume-Uni, l'Empire austro-hongrois, le Royaume d'Italie et le Saint-Empire russe. Les campagnes des guerres napoléoniennes et les engagements dans les Alpes ont encouragé le développement de pièces légères inspirées par les expériences de l'Armée napoléonienne et des unités de montagne comme les Chasseurs alpins et les Alpini. Durant la Première Guerre mondiale, les combats dans les secteurs montagneux des Alpes franco-italiennes et du front oriental ont vu l'usage accru de pièces démontables employées par des divisions de montagne et des corps expéditionnaires tels que la 11e brigade alpine. Dans l'entre-deux-guerres, les leçons des guerres balkaniques, des campagnes coloniales en Afrique du Nord et des opérations en Moyen-Orient ont influencé la doctrine et l'organisation, en particulier face aux besoins exposés par la Guerre italo-éthiopienne et la Campagne d'Italie (1943).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bataillons de montagne ont été engagés dans des opérations comme la Campagne de Norvège et la défense des cols alpins, mettant en lumière la nécessité de coordination entre unités blindées, unités d'infanterie motorisée et batteries de montagne. La guerre froide a conduit à une formalisation au sein de l'OTAN et des états-majors nationaux, avec échanges d'expérience entre la Bundeswehr, l'Esercito Italiano et les forces françaises. Les engagements récents en Afghanistan et au Sahel avec les opérations Barkhane et Serval ont entraîné des adaptations en matière d'appui-feu en relief et de coopération avec les forces aériennes telles que l'Armée de l'air et l'Aviation légère de l'armée de terre.
L'organisation repose sur des batteries et des groupements spécialisés intégrés au niveau des brigades d'infanterie et des régiments alpins comme le 27e bataillon de chasseurs alpins ou des régiments d'artillerie territoriaux. La doctrine s'appuie sur des concepts élaborés par des instituts tels que l'École militaire et l'École de guerre et s'articule autour de la coordination avec les unités de montagne, les commandements de secteur et des forces internationales telles que la Force de protection des Nations unies et la Force multinationale. La chaîne de commandement implique des quartiers généraux régionaux, des états-majors interarmées et des liaisons avec des organismes de planification comme le Centre de planification et de conduite des opérations.
Les procédures opérationnelles intègrent des manuels et doctrines issus d'équipes d'experts liés aux académies militaires comme l'Académie militaire de Saumur et à des centres d'expérimentation tels que le Centre d'expérimentations militaires.
Le matériel comprend des pièces démontables et légères comme le 105 mm modulaire, des obusiers allégés et des mortiers de 81 mm et 120 mm employés par des batteries motorisées et des sections de montagne. Les équipements techniques sont développés par des entreprises et institutions comme Nexter Systems, Thales Group, le Service historique de la défense et l'Institut franco-allemand de recherche en défense. Les systèmes de conduite de tir intègrent des capteurs fournis par des industriels comme MBDA, des postes d'observation équipés de matériels optoélectroniques issus de collaborations avec Safran et des moyens de positionnement par Système de positionnement mondial et par réseaux tactiques compatibles avec les standards de l'OTAN.
L'armement individuel utilisé en soutien provient de fabricants tels que Nexter pour les pièces, FN Herstal pour les armes légères, et des dispositifs de communication fournis par Thales et des fournisseurs OTAN.
Les techniques incluent l'usage de véhicules tout-terrain tels que le Véhicule de l'avant blindé, le Véhicule léger tactique et des plateformes logistiques adaptées aux cols et chemins de montagne. Le transport par hélicoptère est assuré avec des modèles comme le NH90, le Eurocopter Tiger pour les missions d'accompagnement et des hélicoptères de transport comme le NHIndustries NH90 et le CH-47 Chinook dans le cadre d'opérations interalliées. Le transport par voie ferrée et routière mobilise des unités logistiques coordonnant avec réseaux ferroviaires nationaux et compagnies de transport militaire.
Le déplacement à pied et en mulet a une tradition historique, complétée par l'emploi de drones et de systèmes de ravitaillement autonome développés en coopération avec des centres de recherche comme l'ONERA.
Les batteries de montagne ont été engagées lors de la Bataille des Alpes en 1940, dans les combats des Alpes françaises pendant la Seconde Guerre mondiale, et lors des opérations en Indochine pendant la Guerre d'Indochine. Elles ont participé aux missions de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU et aux opérations internationales telles que la Force licorne en Côte d'Ivoire et les missions internationales en Kosovo sous l'égide de la KFOR. Plus récemment, elles ont fourni appui-feu et expertise en terrains accidentés lors des opérations en Afghanistan et au Sahel, en coordination avec les forces de l'OTAN, de l'Union européenne et des forces partenaires africaines.
L'entraînement se déroule dans des centres spécialisés tels que le centre d'entraînement de montagne, des écoles comme l'École militaire de haute montagne et des stages conjoints avec des unités étrangères comme les Alpini italiens, les Gebirgsjäger allemands et les unités de montagne espagnoles. Les tactiques comprennent l'observation avancée, le réglage de tir à partir de positions réduites, l'utilisation de masques et de camouflage adaptés aux massifs, et l'entraînement à la survie en haute altitude. Des échanges avec des institutions comme l'OTAN permettent l'harmonisation des procédures de liaison, de communication et de soutien médical en zone montagneuse.
La modernisation s'oriente vers l'allègement des pièces, l'intégration de systèmes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance fournis par acteurs comme Thales, l'adoption de munitions guidées par MBDA et la numérisation des chaînes de feu via les standards de l'OTAN. Les programmes de recherche incluent des collaborations avec des universités et des laboratoires tels que le CNRS et des pôles de compétitivité pour développer matériaux composites et propulseurs allégés. Les perspectives opérationnelles mettent l'accent sur l'interopérabilité avec forces alliées, la capacité aéroportée et l'emploi accru de liaisons drones-artillerie dans des théâtres montagneux et urbains complexes.
Category:Artillerie